Blason de Neuville-Saint-Vaast Patrimoine & Mémoire

Neuville-Saint-Vaast

Village de l'Artois · entre Arras et Lens · Pas-de-Calais

« Resurgam » Je ressusciterai

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Histoire de Neuville-Saint-Vaast

De la cité gauloise au village d'Artois, une histoire millénaire marquée par la résilience.

L'archéologie

On trouve, sur le territoire de Neuville-Saint-Vaast, d'antiques fondations, des caves et des souterrains aux lieux-dits « l'allemand » et « les écouloirs ». Dans l'ancien bois se trouvaient de grandes fosses circulaires, dites « fosses à loups », probables emplacements d'habitations ou d'oppida celtiques.

Un souterrain à plusieurs ramifications, refuge pour la population en cas d'alerte, fut creusé à 8 mètres du sol. Sa galerie centrale, longue de près de 2 km et voûtée de pierres blanches, menait de la ferme de l'abbaye à un moulin au bout du « Chemin Creux ».

La Grande Guerre, en rasant le village complètement, a détruit la quasi-totalité des vestiges de cette histoire ancienne.

De Novavilla à Neuville

Jadis appelé « Novavilla », puis « Neuville-Égalité » pendant la période révolutionnaire, le village fut fondé autour de l'église des moines de Saint Vaast, à qui il fut en partie donné dès l'an 870 par Hincmar, Archevêque de Reims.

Ses habitants, adonnés aux travaux des champs sur un sol fertile, vivaient dans des maisons aux façades en pierres blanches du pays, en paix dans un « individualisme familial » typique de ces foyers ruraux d'Artois.

Pourtant, dès l'an 870, le village avait déjà connu les Normands, venus par le « Saut du Ravage » — une histoire de destruction et de renaissance que le XXe siècle allait répéter tragiquement.

Le surnom des Neuvillois

« Les fiers culs de Neuville » — voilà comment les habitants de Neuville-Saint-Vaast sont appelés dans toute la région. Ce surnom reflète un certain orgueil lié à une ancienne coutume.

Il fallait autrefois, pour obtenir la main d'une Neuvilloise, posséder un cheval blanc. C'est à cette seule condition que les parents de la jeune fille acceptaient le mariage.

Blason de Neuville-Saint-Vaast

Le blason

Le blason de la commune est formé de gueules au chevron cousu d'azur, accompagné en pointe d'un phénix sur son immortalité d'or. À l'extérieur — car l'usage héraldique le veut ainsi — se trouve une pièce carrée d'azur chargée d'une croix de guerre 1914-1918.

Le blason communal, composé par Ernest Petit, date de 1921. À sa base, l'inscription : 9 mai 1915, Resurgam ! (Je ressusciterai !). Il accompagne la date de la libération de Neuville-Saint-Vaast, au prix d'une complète destruction.

Les monuments commémoratifs et les cimetières militaires conservent le douloureux souvenir des soldats morts sur le sol de la commune.

« 9 mai 1915 — Resurgam ! »

Le village rebâti

Si vous prêtez attention, beaucoup de maisons portent une date située entre 1920 et 1930. Certaines façades en pierres ont aujourd'hui une valeur architecturale reconnue.

Le clocher de l'église, haut d'une quarantaine de mètres, s'aperçoit de très loin et se reconnaît aisément avec son petit clocheton. Les flammes du vitrail qui appellent le martyre de Saint Laurent — saint patron de l'église — se mettent à briller au soleil de l'après-midi.

La rue du Canada emmène vers le monument canadien : cette terre sacrée où chaque arbre représente un soldat mort pour la liberté du peuple français.

Neuville-Saint-Vaast et la Grande Guerre

Dans la nuit du 4 au 5 octobre 1914, Neuville-Saint-Vaast fut envahi. Pendant 30 mois, dans la boue enlisante des tranchées, dans les fortifications du Labyrinthe, Français et Britanniques d'Europe et d'outre-mer combattirent âprement pour sa libération. Le village fut entièrement rasé.

Été 1914
L'invasion

Les armées allemandes pénètrent en Belgique le 3 août puis en France. Arras est envahie le 6 septembre. La Bataille de l'Artois (1–26 oct.) stoppe les Allemands à Vimy, mais Neuville-Saint-Vaast est occupée.

Oct. 1914
Le Labyrinthe

Les Allemands construisent autour de Neuville des fortifications permanentes — des kilomètres de tranchées entrecroisant le « Labyrinthe » : sacs de terre, ciment, mitrailleuses tous les 25 mètres, abris souterrains et réseaux de barbelés.

9 mai 1915
Libération de Neuville — « Resurgam »

La division marocaine réussit une percée sur la crête de Vimy. Neuville-Saint-Vaast est libérée lors des combats autour de la Targette, au prix d'une destruction totale du village. Cette date devient celle du blason : 9 mai 1915, Resurgam !

9 avr. 1917
Bataille d'Arras — Les Canadiens à Vimy

Les troupes canadiennes s'emparent de la crête de Vimy, haut fait d'armes fondateur de l'identité nationale canadienne. Le monument canadien, rue du Canada à Neuville, commémore leurs soldats morts pour la liberté de la France.

Oct. 1918
Libération du Pas-de-Calais

Arras est dégagée le 28 août. Lens est libérée le 2 octobre, Lille le 12 octobre. Le 16 octobre, tout le Pas-de-Calais est délivré. L'armistice met fin à la « Der des Der » le 11 novembre 1918.

1920 – 1930
La renaissance

Neuville se reconstruit. Les maisons, les commerces, l'église — tout est rebâti pierre par pierre. Les monuments aux morts, les cimetières militaires de multiples nations, la Cité des Mutilés témoignent du sacrifice de toute une génération.

Au printemps 1915, l’armée d’Urbal entame une offensive de grand style tendant à percer les lignes allemandes au Nord d’Arras et à s’emparer de la crête de Vimy qui domine la plaine de Lens.
Pour sa part, le 20e corps a reçu mission d’enlever Neuville Saint Vaast, grosse bourgade qui avant la guerre comptait 1200 habitants, et étaient tombée aux mains de l’ennemi en octobre 1914. Les allemands se sont organisés fortement sur cette position.
Protégée par 4 lignes successives de tranchées, Neuville Saint Vaast s’est muée en véritable forteresse.
Des 150 maisons qui composent l’agglomération, pas une qui n’ait été crénelée et machinée, pas un soupirail qui ne braque un canon de mitrailleuse.
Les caves qui servent d’abris aux défenseurs ont été étagées et matelassées, les rez-de-chaussée barricadés et bétonnés, le tout renforcé par des fils de fer barbelés de l’épaisseur d’un doigt.
Pour ravitailler la garnison, une voie de 0m60 suit la rue principale du village et pousse ses ramifications jusqu’aux avancées.
En définitive un point d’appui formidable dont la garde est confiée à des troupes d’élite du premier Corps Bavarois.
Le 9 mai 1915, notre offensive se déclenche. En 2 heures, la 11e division atteint les lisières sud de Neuville Saint Vaast, où des combats acharnés s’engagent, en même temps que sur les tombes du cimetière, pris et reperdu 2 fois au cours de la journée.
Cependant la défense ennemie se fait plus opiniâtre. Deux tiers du village reste à enlever.
Pour en finir, le général d’Urbal fait appel à une unité fraîche, la 5e division, qui arrive d’un secteur calme, commandée par un chef déjà réputé : le général Mangin.
On lui confie la rude mission d’achever la conquête de Neuville Saint Vaast. Mais l’homme est de ceux que nulle tâche n’effraie, qu’aucune difficulté ne rebute.
Mangin ne perd pas de temps. Le 28 mai, ses troupes à peine débarquées, il procède à l’enlèvement de quelques maisons pour rectifier son front de départ.
Sans souci des bombardements violents dont l’artillerie allemande écrase nos lignes sous des obus de 105, de 150 et de 210, il pousse rigoureusement ses préparatifs.
Et le 1er juin, il lance ses régiments à l’attaque. Mais prises sous des feux croisés de mitrailleuses, enveloppées dans des nappes de gaz asphyxiants, nos troupes sont contraintes de regagner leurs tranchées de départ. Le gain de la journée se borne à 2 maisons, mais la lutte se poursuit toute la nuit à coups de grenades.
Les jours suivants, notre préparation d’artillerie est reprise avec des moyens renforcés, et le 5 juin, Mangin déclenche une nouvelle attaque ayant pour axe la rue centrale de Neuville qui mesure près d’un kilomètre de longueur.
A gauche le 36e régiment après 4 tentatives, reste cloué au sol. Il s’est heurté à des défenses intactes et l’explosion d’une mine a enseveli un gros d’assaillants.
A droite le 129e, plus heureux, progresse sous un feu intense, mais son chef le colonel Denis-Laroque a été tué l’un des premiers.
A la nuit, tout un groupe d’habitations reste entre nos mains, mais une grande confusion règne parmi nos troupes, où les unités des 6 bataillons d’attaque sont enchevêtrées. Nos pertes sont considérables et la défense ennemie tient toujours.
Informé de cette situation, le général Foch convoque les généraux d’Urbal et Mangin. Estimant qu’il faut profiter coûte que coûte de notre supériorité actuelle sur l’ennemi, il décide de poursuivre la lutte jour et nuit sans désemparer jusqu’à la conquête totale du village.
Mangin donne ses ordres en conséquence, bien résolu à ne pas laisser à l’adversaire une minute de répit. Il faut relever le 129e, très éprouvé, par le 36e, et la bataille recommence avec une nouvelle fureur.
Les 6 et 7 juin, nos troupes progressent à coup de grenades de rue en rue, de maison en maison. Le 8 juin est une journée particulièrement dure. Reprise dès 2 heures du matin, nos attaques se poursuivent pied à pied, et réussissent à emporter un groupe important d’habitations dans la rue centrale.
La garnison de l’une d’elles, cernée de toute parts, refuse de se rendre, elle est anéantie par sa propre artillerie. A 15 heures enfin, l’ennemi en désordre se replie vers le nord.
La nuit arrive à temps pour permettre aux chefs survivants de réorganiser nos unités mélangées, décimées, à bout de souffle. Le 9 juin, au petit jour, l’assaut suprême est donné. Dans un élan irrésistible, nos soldats oubliant toute leur fatigue et entrevoyant le terme de leurs efforts, arrachent aux ultimes défenseurs les dernières maisons du village.
Ces 14 jours de combats sanglants ont coûté à la 5e division 2 600 hommes et 72 officiers. Du côté allemand, 500 cadavres retrouvés sous les ruines fumantes, sans comptés les corps ensevelis sous les décombres, témoignaient de l’extraordinaire violence de la lutte.
Opération modèle comme conquête méthodique d’un village fortifié, splendide témoignage de la bravoure et de l’opiniâtreté française, la conquête de Neuville Saint Vaast faisait l’honneur à nos troupes héroïques autant qu’au chef énergique qui les avait conduites au succès.

Lorsque fin Août 1914 les soldats français laissent de côté leurs fusils pour, à la demande de JOFFRE, creuser à la pelle des trous afin de ne plus jamais reculer face aux Allemands, ces soldats ne savent pas qu’ils dessinent un fond de tranchées qui finira par s’étendre d’Ostende à Bâle, sur près de 700 kilomètres…
Dès lors, pendant plus de 4 ans, des millions d’hommes vont se relayer dans ces tranchées, venant y perdre un bras, la vie, la raison ou simplement l’insouciance de leurs vingt ans.
Lorsque Décembre 1914 surprend les armées engourdies sur cette frontière qui ne dit pas son nom, chacun comprend qu’il ne rentrera pas chez lui pour la Noël, comme espéré.
JOFFRE tente bien de percer le front les 17 et 18 décembre avec l’appui de l’armée britannique mais cette attaque se solde par de nouveaux corps abandonnés sur le "no man’s land".
Alors chaque Etat Major, chaque Nation se résigne à organiser un Noël exceptionnel pour les hommes qu’ils ont envoyé combattre là bas et qui rentreront au printemps, comme le pense chaque camp.
C’est ainsi que débarquent dans les tranchées françaises, britanniques et allemandes les meilleurs vins, champagne, whiskys, schnaps.
L’ordinaire de la cantine devient extraordinaire.
Chaque soldat peut jouir d’un menu souvent plus fastueux que celui qu’il partageait auprès des siens, il y a un an, une éternité…
Dans certains secteurs, les ardeurs guerrières ne se sont nullement émoussées par la veillée de Noël : on se bat en maints endroits et on y meurt, même un soir de Noël…
Mais dans beaucoup d’autres endroits, le canon se tait depuis quelques jours. Des moineaux se sont même risqués à revenir virevolter en des lieux qu’ils avaient désertés.
Alors on mange le festin des cuistots autour des braseros de charbon, quand on a du charbon. Les souvenirs de la famille à l’arrière, des Noëls d’antan dansent dans les yeux de ces hommes si loin de chez eux, de leurs parents, leurs femmes, leurs enfants.
Une immense nostalgie nimbée de tristesse se glisse dans les tranchées et s’insinue dans les cœurs. En beaucoup d’endroits, la nuit se passe dans cette atmosphère mais en d’autres endroits des hommes bravent l’interdit…
Car en ces endroits, les allemands ont posé sur le sommet de leurs tranchées des sapins de Noël illuminés et à 100 mètres de là des français ou des britanniques regardent ces lumières improbables scintiller dans la nuit de Noël.
Des voix se risquent à entonner « stille nacht » aussitôt repris en anglais ou en français selon les lieux.
Le chant, la musique (harmonica ou cornemuse) tendent une passerelle entre les tranchées qui se font face.
Alors des hommes peu à peu sortent de leurs tranchées, sans fusils et osent s’avancer sur le "no man’s land" à la rencontre de celui qui chante la même chanson, en face avec ses mots à lui.
Les hommes se rencontrent au milieu du "no man’s land" enneigé en certains endroits... On tend la main vers l’autre, on goûte à son gâteau, son alcool.
Comme l’écrira BARTHAS, tonnelier du sud-ouest de la France, perdu dans la plaine de l’Artois, la communauté de souffrance et de misère unissait ces hommes, sous des uniformes différents.
Pendant quelques heures, quelques jours, voire plus selon les endroits, les hommes n’ont plus combattu. Ils se sont vus souvent pour boire, manger, s’échanger des journaux, leurs adresses pour se revoir après tout ça…
Bien sûr les Etats Majors ont su, bien sûr ils ont moyennement apprécié et bien sûr la guerre a repris ses droits…
Mais aucun Etat Major n’a pu effacer de la mémoire des fraternisés le souvenir des sapins, des chansons, des rires et des visages de ceux d’en face, si semblables aux leurs.

Paul Dubois (division marocaine, 4e tirailleur) nous raconte la "Deuxième bataille d'Artois".
Le 9 mai 1915 est lancée, en Artois, une importante offensive. La « Deuxième bataille d’Artois » est destinée à rompre le front allemand. Plusieurs divisions y participent, dont la Division marocaine. Paul Dubois est caporal depuis le 1 avril 1915. Il sera grièvement touché à Souchez le 16 juin 1915.
"Le 9 mai, il fait un temps superbe. Nous attendons l’attaque depuis quelques jours. Nous sommes couchés à Acq qui est à 6km des premières lignes. La veille, on nous donna l’ordre de coucher sac prêt, la toile de tente sur le sac et de se tenir prêt à partir à la moindre alerte. A 2h30 du matin, le capitaine s’amène : « Sac au dos ». En dix minutes, c’est fait. Nous sommes rassemblés dans un pré, sous de grands peupliers pour être à l’abri du regard si quelques avions ennemis venaient nous survoler.
Le bombardement commence à 5h et le roulement va de plus en plus fort. A 7h, on ne s’entend plus causer et à 9h, quoique étant à 4km des premières lignes, on saute sur place. Les pièces de tout calibre tirent sans interruption. C’est pire qu’un roulement de tambour. Nous avons des trains blindés armés de pièces de marine qui tirent à 10km de là. Quand, à 9h30, le 75 si met d’un seul coup. C’est un bruit à vous rendre fou.
A 10h, l’assaut général est donné sur un front de 10km. Les anglais opèrent à notre gauche, devant Loos. A 11h30, les remières vagues ont fait 4km et demi ; et 5km en avant les boches sont soit en bouillie sous cet orage de fer, soit fous, se rendent et se sauvent où ils peuvent, comme ahuris.
Notre régiment est la troisième ligne de renfort. Nous avançons au Mont-Saint-Eloi et, à 14h, nous partons pour en mettre un coup à notre tour, car nous attendons avec impatience. Nous avons déjà pris la route de Béthune à Arras, la Targette, Neuville Saint Vaast. Nous partons à travers les tranchées conquises et arrêtons vers Neuville pour y faire des tranchées pour notre point d’appui.
La bataille continue dans la nuit, nous avançons pour nous resserrer sur les premières lignes. Le matin, les obus, les shrapnels nous arrosent. Ma chéchia est déchirée et jetée à terre par un éclat d’obus. Je la ramasse et continue ma course. Nous arrivons aux premières maisons du pays qui forment un vaste incendie. La mitraille pleut de toute part, c’est un abrutissement complet. Dans la nuit nous n’avons pas pu tenir tout le pays de Neuville. Les boches tiennent quelques maisons au nord, et nous le sud.
Les combats de rue s’engagent. Nous avons une batterie qui est venue s’installer à l’entrée du village et se fait entendre. Elle fait du bon boulot.
Le soir arrive, on nous donne l’ordre d’aller en première ligne. Nous allons en rampant jusqu’à 200 mètres des boches, car ce n’est plus la mode de marcher debout. Et aussitôt nous faisons des tranchées pour nous y abriter le jour et attendant que l’on avance, si c’est possible. Dans cette guerre il est impossible de tenir sans être caché ou couché.
Cette nuit-là nous avons eu la visite de quelques boches, non pas pour se battre mais pour se rendre. Peut être 80, mais en 2 fois, et un capitaine. Nous les avons reçu à coups de fusils, et quand ils ont dit qu’ils étaient « Kamarades », nous leur avons fait bon accueil. Ils sont désespérés du "75" et disent que si l’on continue à bombarder avec, ils se rendront tous. Heureusement, il n’est pas près de se taire notre meilleur camarade.
La pointe du jour arrive, c’est le 11 mai. Les balles continuent de claquer à nos oreilles. Le capitaine de ma compagnie, Guenbau, tombe, percé par une balle qui lui traverse le ruban de sa médaille de légion d’honneur. L’adjuvant de ma section est blessé en même temps, tout le monde reçoit l’ordre de rester caché. Les marmites tombent toujours. Une d’entre elle nous recouvre de terre, deux escouades à la fois. Pourtant, à midi, le bombardement recommence de notre côté. On nous annonce 2h de bombardement. A 14h nous devons donner l’assaut. On nous envoie un lieutenant pour reprendre le commandement de la compagnie.
La quantité d’obus explosifs qui tombe devant nous forme une fumée noire qui nous prend à la gorge et nous empêche presque de voir les lignes boches. Le pays de Neuville flambe depuis 3 jours. Les boches bombardent la partie que nous tenons, et nous, le reste de ce qui leur appartient. Les maisons s’écroulent presque toutes à la fois.
Quatorze heures arrivent, voici l’assaut. Nous sortons de derrière nos mottes de terres. Les mitrailleuses et les "75" font rage. Les marmites de 155 et 270 mm paralysent les renforts à 2 et 5km de là. Nous avançons plusieurs centaines de mètres derrière une crête, en avant du bois de la Folie, et on s’en contente. Les boches ont encore perdu un bon point d’appui, et les macabées ne nous enverrons plus de balle. Pendant ce temps il en est tombé pas mal des nôtres, mais beaucoup sont blessés.
Le soir de cette journée mémorable arrive. Nous maintenons nos positions. Une petite contre-attaque est repoussée. Nous continuons de creuser. Voilà 1h du matin, quand un régiment vient nous relever. Mais avant de les quitter nous leurs avons dit : « Continuez ce que nous étions en train de faire ». Nous voilà donc partis pour nous reposer un peu les idées. Nous arrivons au Mont-Saint-Eloi qui est cette fois distant de 6km ; tandis que 4 jours avant, il en était à peu près 2km. C’est alors la soupe qui est notre première idée, après l’appel aux vivants. En effet, depuis le 8 mai au soir nous n’avions pas eu de soupe, ni rien de chaud. J’ai mangé en 4 jours une boule et demi de pain et une livre de chocolat ; pendant trois jours j’ai bu un demi litre d’eau et, comme les camarades, pas roupillé, si ce n’est quelques heures pendant les grands bombardements sur 24h.
Nous sommes revenus à 67 sur la compagnie qui comptait, avant l’attaque, 218 hommes.
Donc, on se cale bien les joues. Et avant, j’oubliais de dire que, ayant un ruisseau tout près, je me suis débarbouillé et nettoyé de fond en comble, ainsi que les copains, car cela nous faisait encore plus plaisir que de manger.
Et après c’est le vaguemestre qui apporte les lettres. Je réponds à une dizaine, ça me fait grand plaisir d’avoir des nouvelles après une séance pareille et, en plus, quelques petits drapeaux qui flottent dedans. Une heure après c’est le pinard qui flottait dans nos quarts car on se récompensait de la misère et de la soif des 4 jours que l’on avait eus.
Comme il n’y avait pas de cantonnement où nous étions, car tout était plein de troupes, on nous a fait cantonner dans un bois, tout près de ce patelin. Et nous montons la tente avec quelques feuilles et un peu de paille et, à la nuit tombante, tout le monde s’allonge dessous et ne demande qu’une chose : de roupiller un brin. Mais, voilà qu’à 23h les marmites de 210 tombent dans le bois : 100 mètres en avant et 100 derrière. Plein dedans. Et une dizaine nous arrivent tout près. On entend les éclats se heurter contre les arbres et les toiles de tente ne sont pas bien solides. Et tout d’un coup on entend : « Sac au dos ». Chacun saute sur son barda ; on démonte les tentes et, en avant, nous voilà partis. Ces cochons-là nous avaient repérés dans la journée et s’étaient dit : « Bon pour cette nuit ». Ils se figuraient qu’on ne dormirait plus. Erreur. Nous allons, de ce pas, à Acq, dans le pré où, le 9, nous attendions l’attaque. Et là, repos, mais il y avait encore 3km de faits.
Et là, je m’allonge sur l’herbe avec ma toile de tente sur moi et je roupille jusqu’à 6h tout de même. Quelle ne fut pas ma surprise, quand je m’éveillai, de voir qu’il tombait de l'eau et que j’étais tout mouillé sur la figure qui était à l’air, et que je n’avais rien senti. Il me semble que je dormais d’un bon cœur.
Ensuite la soupe arrive et, à 13h, nous partons, un peu à l’arrière, à Béthonsart. C’est à 12km de là. Il tombe toujours de l'eau. Enfin, nous arrivons, tous bien fatigués. De nouveau la soupe, quelques verres de pinard, et on cantonne dans une ferme, dans un grenier. On rigole de se voir dans un château, au premier étage. Et, à 20h, tout le monde dort, bien tranquille cette fois, à l’abri des marmites, et goûte ce repos bien gagné. Je n’ai pas besoin de dire si j’ai bien dormi.
Au tableau d’honneur, notre division a été citée à l’ordre de l’armée pour sa bravoure dans l’attaque du 9, 10 et 11 mai 1915."

La Seconde Guerre mondiale

Vingt ans après la Grande Guerre, l'Artois fut à nouveau plongé dans le conflit. Occupé dès mai 1940 sans que le village subisse de destructions majeures, Neuville-Saint-Vaast traversa quatre années d'occupation avant d'être libéré le 1er septembre 1944. Derrière ce calme apparent, des femmes et des hommes choisirent de résister, au péril de leur vie.

Mai 1940
L'Occupation

Après la percée allemande dans les Ardennes et la débâcle de Dunkerque, toute l'Artois passe sous occupation. Neuville-Saint-Vaast est occupée sans combat : le village, déjà entièrement reconstruit après la première guerre, est cette fois épargné par les destructions directes.

1940 – 1944
La Résistance

Des habitants s'engagent dans les réseaux de résistance intérieure. Jean Tison, résistant de Neuville-Saint-Vaast, est arrêté par les Allemands et fusillé en mai 1944 — quelques semaines avant la libération du village. Son sacrifice témoigne du courage de ceux qui, dans l'ombre, refusèrent la résignation.

1er sept. 1944
La Libération

Les forces alliées, progressant depuis la Normandie, atteignent l'Artois en fin d'été 1944. Neuville-Saint-Vaast est libérée le 1er septembre 1944 — sans que la commune ne connaisse, cette fois, les destructions totales qui l'avaient anéantie vingt-cinq ans plus tôt.

Mémoire
Les traces du second conflit

La nécropole nationale de la Targette, cimetière de la Grande Guerre, abrite également les tombes de combattants du second conflit : 593 soldats français, 170 Belges et 4 Polonais morts entre 1939 et 1945 y reposent dans des carrés distincts.

Le monument Nazdar, érigé en 1924 à la mémoire des soldats tchécoslovaques de la Grande Guerre, porte aussi les noms de 136 soldats tchèques tombés lors du second conflit, engagés dans les Forces françaises libres pour libérer l'Europe.

Personnages illustres

Des hommes et femmes dont le destin s'est entrelacé avec celui de Neuville.

✍️

Roland Dorgelès

Écrivain · Journaliste · Grand officier de la Légion d'honneur

La place principale de Neuville-Saint-Vaast porte son nom. Originaire d'Amiens, ce grand journaliste combattit dans l'Artois. Il écrivit Les Croix de Bois, chef-d'œuvre immortel qui donne à la Grande Guerre son vrai visage — celui des hommes dans la boue.

🏗️

François Hennebique

1842 – 1921 · Inventeur du béton armé

Né au 64, rue du Canada le 25 avril 1842. Maçon devenu pionnier, il coule sa première dalle de béton armé en 1879. Son slogan : « Plus d'incendies désastreux ». Ses réalisations : les docks de Manchester, le tunnel de Newcastle, le stade de Lyon… Il révolutionna l'architecture mondiale.

📷

Joseph Quentin

1857 – 1946 · Photographe pictorialiste

Photographe officiel de la préfecture d'Arras dès 1892, il immortalisa la vie rurale et les paysages de l'Artois. Brumes de décembre, glaneuses à Vimy, scènes de labour — son œuvre pictorialiste offre un témoignage précieux du monde paysan d'avant-guerre, exposé dans les salons de Paris et Douai.

🕯️

Les consolateurs de Neuville-Saint-Vaast

Société de bénévoles · disparue vers 1960

Ensemble de bénévoles mobilisés au service des trépassés. Avec le même cérémonial, quelle que soit la condition ou la confession du défunt, ils portaient en terre tous les morts de la cité.
Tout au long de son histoire, la société fit preuve d'un extraordinaire dévouement, notamment après la guerre de 1914-1918. Au village, chaque jour, on enterrait plusieurs soldats, et les « consolateurs » se trouvèrent toujours fidèles au poste.
C'étaient des gens du pays, pour la plupart cultivateurs. Leur tenue de rigueur : béret et cape.
Vers 1960, à mesure que les professions des habitants se diversifièrent, la société des « consolateurs » s'éteignit. Elle avait bien rempli sa mission.

Monuments & Mémoriaux

Huit lieux qui témoignent du sacrifice et de la mémoire collective à Neuville-Saint-Vaast.

Le flambeau de la paix

Représentant la main et l’avant-bras d’un soldat émergeant des ruines et élevant un flambeau, ce monument est érigé à Neuville Saint Vaast, à l’entrée de la « Cité des mutilés » (intersection des chemins départementaux no. 937 et no. 49).
La plaque sculptée sur le poignet porte l’inscription : « Neuville Saint Vaast, 8 mai 1915 » (date de la reprise du village aux allemands).
Construit en 1930 et inauguré en 1932, le monument symbolise la résurrection de Neuville Saint Vaast après la grande guerre de 1914 à 1918. M.Yrondy en a été l’architecte et M.Rafour le sculpteur.
Pour matérialiser les ruines de notre village, des pierres blanches ont été amenées au pied du monument. Celles-ci provenant des décombres des maisons du village.
Sur l’une des pierres a été scellée une plaque en bronze portant gravés ces vers d’Emile Poiteau (datés du 2 octobre 1932) :
**« O, vivants, qui passez auprès de ce flambeau,
Qui dresse symbole aux champs des hécatombes,
Attardez vos regards sur ce sol plein de tombes,
Et songez à nos morts, dont le cœur était beau. »
**

Le monument Leuregans

Situé au lieu-dit « le cagin », sur la route d’Arras (chemin départemental 49), ce monument a été édifié par la famille Leuregans à la mémoire de l'aspirant Augustin Leuregans, disparu à l’âge de 18 ans au cours de la Grande Guerre de 1914-1918.
Immobilisés dans un abri semi-souterrain, sous la menace d’un bombardement intense de l’armée allemande, les territoriaux français, soldats d’un certain âge, hésitaient à se lancer à l’attaque. Pour les décider, l’aspirant Leuregans lança alors cet appel :
« Allons, mes vieux papas, vous n’allez pas laisser votre enfant mourir tout seul ? ».S’élançant hors de l’abri, il fut tué aussitôt et disparu à jamais. En tout cas son appel galvanisa ses vieux territoriaux qui, à leur tour, se lancèrent dans la bataille.

L'église Saint Laurent

L’église Saint Laurent fut totalement détruite lors de la Première Guerre Mondiale. Les architectes J. de Saint-Maurice et H. Philippe remplacèrent l’ancienne église de style flamboyant par une vaste construction néo-gothique qui fut inaugurée le 14 juin 1925 par Monseigneur Julien, en présence du général de Castelnau.
Les vitraux de l’église représentent le martyr de Saint Laurent.
Le souvenir des événements sanglants pesa sur le programme iconographique :
• baie 0 : vues du cimetière de Lorette et de la tour de l’ancienne église de Neuville Saint Vaast
• baie 1 : apparition du Sacré-Coeur Marguerite-Marie Alacoque
• baie 2 : apparition de la vierge à Sainte Bernadette
• baie 3 : Sainte Geneviève, Sainte Ide
• baie 4 : Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc
• baie 5 : baptême de Clovis en présence de Saint Vaast
• baie 6 : fondation de Montréal à Notre-Dame de Paris par J.J Olivier et J. Deladauversière, 1640
• baie 7 : Saint Eloi, Saint Martin
• baie 8 : Saint Vincent de Paul, Sainte Thérèse de l’enfant Jésus.
Suite à la reconstruction de l’église, la commune de Neuville Saint Vaast reçoit 3 nouvelles cloches, baptisées le 26 novembre 1922 par Monseigneur Julien :
• la première « Jeanne-Firmin » appelée aussi « oiseau de France » qui chante l’alléluia de la résurrection de Neuville Saint Vaast donne le Fa dièze.
• la deuxième « Germaine-Edouard » a été offerte à la mémoire des défenseurs, des libérateurs et des enfants du village tombés au champ d’honneur. Elle donne le Sol dièze.
• la troisième « Clémence-Pierre » remplace « Marie-Thérèse » brisée sous les ruines et donne le La dièze.

Le cadran solaire

Situé au 14 rue de la paix, le cadran solaire indique l’heure d’après la projection de l’ombre d’un style éclairé par le soleil. Toutefois pour connaître l’heure exacte il vous faudra tenir compte du décalage avec l’heure légale (2 heures en été, 1 heure en hiver).
Le cadran est aussi calendrier car les lignes bleues tracées sur le damier jaune et blanc sont les courbes suivies par l’ombre de la pointe du style, au cours de la journée, à une époque donnée.
Ainsi, l’entrée du soleil dans l’un des signes du zodiaque détermine la date : capricorne en décembre, verseau en janvier etc.
La devise, écrite en latin, suggère que toute heure de notre vie peut être marquée, meublée, par un acte de charité :
« Toujours de service pour rendre service car le bonheur, c’est d’en donner ».Ce cadran est l’oeuvre de Monsieur P. Acloque et de Madame MT Lorthioir.

L'arbre Ségard

Lieu-dit, à proximité du bois canadien, entourant autrefois un ensemble de peupliers plantés par M. Aimé Ségard.
Ainsi, malgré les dévastations engendrées par la guerre, une des racines parvint à se développer pour donner vie à «l’arbre Ségard».
Aujourd’hui, le lieu-dit existe toujours mais l’arbre si célèbre fut détruit lors de la construction de l’autoroute, faisant disparaître un vieux souvenir d’une autre génération.

La croix du souvenir

Monument situé dans la rue de Prague, à la mémoire des milliers de soldats tués pendant la guerre.
Deux mots inscrits dans la pierre nous rappellent notre passé :
« Souviens-toi »

Le monument de la reconnaissance

Situé au centre du cimetière communal, il représente un soldat mourant appelant le Christ.
Sur les murs qui l’entourent sont gravés les noms des enfants de la commune morts pour la France, ainsi que les numéros et titres de tous les régiments français, canadiens et alliés qui ont combattu pour la délivrance de la commune.

Le cimetière tchécoslovaque et monument polonais

Le cimetière tchécoslovaque et le monument aux morts polonais se font face sur la route principale un peu avant d’entrer dans la commune.
Ces monuments témoignent du sacrifice des soldats volontaires de ces pays.

Mémoire & Lieux d'histoire

Musées, cimetières et lieux chargés d'histoire autour de Neuville-Saint-Vaast.

Les musées

Le musée militaire de la Targette

Le musée de la Targette est situé sur la départementale n°937, face au Flambeau de la Paix.
Il évoque les combats des deux guerres mondiales en présentant plus de 4 500 pièces de collection : objets réalisés par les soldats, documents authentiques, affiches, canons, mitrailleuses, costumes.
Il est ouvert de 9h à 19h sans interruption, tous les jours de l’année.
Tél. : 03.21.59.17.76 · musee1418.com

Les cimetières

Les cimetières français et anglais de la Targette

Les cimetières français et anglais de la Targette couvrent près de 50 000 m² et présentent 7 500 stèles blanches alignées. Ainsi 12 200 soldats sont honorés en ces lieux.
Dans le cimetière français repose Henri GAUTIER-BRZESKA, tué à Neuville le 5 juin 1915 à l'âge de 23 ans, sculpteur précurseur du Vorticisme.

Pour retrouver trace de parents ou amis disparus durant les guerres : Sépultures de guerre · Mémoire des hommes

Le cimetière allemand de la Maison Blanche

C'est le cimetière allemand le plus grand d’Europe, avec 44 833 croix noires.

Autres lieux à visiter

Le Labyrinthe

Le labyrinthe est en fait constitué des fortifications permanentes construites par les allemands pendant la première guerre mondiale et s’étendant d’Ecurie à Neuville.
C’est un amoncellement de sacs de terre et de ciment qui formaient des kilomètres de tranchées et de boyaux s’entrecroisant en tous sens, se prolongeant sous terre par de profonds abris, défendus par des canons sous coupoles et, à tous les 25 mètres, par des mitrailleuses, flanqués de fortins et de blockhaus bétonnés, protégés par des réseaux de fils de fer barbelés en rangs serrés et épais.

La Cité des Mutilés

Autrefois, le monument du flambeau de la paix était précédé d’une arche de béton monumentale qui marquait l’entrée de la Cité des Mutilés construite dans le cadre de la loi Loucheur en 1928.
Quand furent constitués les cimetières nationaux, des gardiens furent nommés pour la surveillance et l'entretien des tombes, emplois réservés à de grands mutilés. Ces braves gens se rendirent à leur poste avec leur famille mais ils n'avaient guère réfléchi aux moyens qu'ils auraient de se loger dans les villages en ruines où les maisons que l'on construisait étaient destinées aux habitants revenus chez eux. Pas de place pour les étrangers, il faudrait donc qu'ils se débrouillent, ce qu'ils firent. Les uns purent aménager et occuper des baraquements qui avaient servi au cantonnement des troupes, les autres durent aller chercher des poutres, des planches et des tôles pour se bâtir un abri. En été il y faisait trop chaud et l'hiver il y gelait, des gosses moururent. A Neuville-Saint-Vaast cette situation détermina un homme de grand coeur, Ernest PETIT, à mettre à exécution un projet qu'il avait préparé: construire au coeur des grandes nécropoles. Il créa une société d'habitations dont il fut l'animateur et le bienfaiteur puisque les maisons qui s'élevèrent peu à peu furent cédées à leur heureux propriétaires au cinquième de leur valeur avec toutes les facilités de paiement.
Il y a là, Cité des Mutilés, seize pavillons, qui, tous sont édifiés sur un plan différent avec un jardin d'agrément et un grand potager. L'intérieur est aménagé suivant les besoins de l'occupant, la nature de ses blessures et le nombre des ses enfants.
Chaque pavillon porte le nom d'un maréchal ou d'un général qui commanda sur le secteur de Neuville pendant la guerre: BING (général candien qui enleva la crête de Vimy), GOURAUD, DE MAUD'HUI, BARBOT, MANGIN, FOCH, JOFFRE, PETAIN, BALFOURIER, BERTHELOT, FAYOLLE, DE CASTELNAU, POUYDRAGAIN; un pavillon porte le nom de LA MADELON, un autre OISEAU DE FRANCE: nom d'un journal paraissant en zone occupée.
Au mileu de la Cité le foyer des mutilés hébergeait les familles venues se recueillir sur les tombes de leurs proches.
La Cité longe la rue du 11 novembre où 52 arbres (à l’époque des érables offerts par le Canada, aujourd’hui des sorbiers) rappellent le souvenir des 52 enfants du village tombés au champ d’honneur.

Le hameau de la Targette

Le hameau de la Targette doit son appellation à une très vieille habitude. En effet, pour se rendre à Arras écouler leurs produits au marché, les agriculteurs et commerçants neuvillois empruntaient, à pied, l’actuel chemin départemental n°937.
Au retour, fatigués et assoiffés par le long trajet pédestre, vendeurs et acheteurs faisaient une pose au premier café neuvillois situé sur leur route, donc celui du carrefour de la route nationale n°37 avec le chemin départemental n°55.
Mais, dès leur arrivée chez eux, ils recevaient immanquablement cette remarque patoisante de la maîtresse de maison :
« T’as r’fais in’n pétite attargette ? ».Par aimable habitude, le café en cause pris l’enseigne de « l’Attargette », déformé par le langage populaire en « La Targette », nom dont le hameau neuvillois héritera définitivement par la suite.

Le chemin des Balloteux

Une rue de Neuville Saint Vaast porte ce nom qui paraît, aux yeux des nouveaux habitants, ridicule ou même infamant.
Il n’en est rien, car voici l’origine de cette appellation : bien avant la Grande Guerre de 1914-1918, les gens allaient à pied à Arras pour s’installer sur le marché.
Venant de Givenchy-en-Gohelle, ils empruntaient, chaque semaine, la dite rue, le chemin d’Arras, portant le ballot de marchandises sur leur épaule.
Au fil du temps, le neuvillois finirent par les surnommés «les balloteurs», puis, le patois aidant, «les balloteux», d’où l’appellation «chemin des balloteux» donnée à cette rue, fréquemment utilisée par eux.

Cartes postales anciennes

195 cartes postales numérisées couvrant l'histoire de Neuville, de la Belle Époque à la reconstruction.